Communicantes pressées

12 novembre 2010 à 8:36 par Klöd | Dans : Non classé
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martine8

Chez les importateurs de matos photo, il y a des personnes très compétentes. Des qui connaissent bien les produits qu’elles vendent et c’est toujours instructif de discuter avec elles. Il y en a même que j’ai eu comme élèves (à l’époque - brève - où j’étais prof à Louis Lumière - OK j’arrête de me lancer des fleurs). Malheureusement, pour être up to machin, il faut impérativement se payer les services d’une agence de communication. C’est extrêmement cher, mais ça externalise un service et c’est - paraît-il - bon pour l’entreprise. Car ce sont des communicants, des professionnels : ça va booster les ventes ! En vrai, on dit une Public Relations Agency (même si c’est implanté à Paris only). Et là, ça se gâte, acoz’ qu’un attaché de presse va se charger de gérer la communication des produits commercialisés par la marque auprès de journalistes, mais aussi auprès des web-prescripteurs et des autres personnages influents des réseaux sociaux (que ces agencies ont créé de toutes pièces pour faire croire à leur branchitude). Généralement, l’attachée de presse est une femme (normal, les journalistes sont généralement de hommes) essentiellement choisie - excusez-moi de ce qui peut paraître pour être du sexisme (je jure que ce n’est pas mon genre, mais c’est la réalité…) - pour ses proportions anatomiques. Jusque là, ça pourrait prêter à sourire. C’est vulgaire, mais le monde est vulgaire. Malheureusement, il est assez rare que cette ravissante personne connaisse quoi que ce soit au produit qu’elle est censée fourguer à la presse. Et comme l’attachée de presse doit justifier ses prestations… et elle pond des « communiqués de presse » mémorables. Et, là, on se gausse.

Je passe très rapidement sur le titre du genre “un appareil photo vedette” pour présenter cet objectif, car le copier-coller est une méthode de travail tellement courante de nos jours ! Je passe également sur les constructions grammaticales plus que douteuses, qui montrent que le brevet des collèges est accordé un peu trop facilement de nos jours. Ca continue systématiquement avec une “interview” :  M. X. (le chef produit, le concepteur du produit, le président de la boîte, etc.) le souligne : “blablabla” (résumé : c’est la meilleure chose qui puisse vous arriver). C’est creux, mais Kodak fait ça depuis 20 ans… alors maintenant tout le monde le fait : il faut qu’une référence incontournable parle de son produit. Et puis ça flatte l’égo du client, ça peut pas faire de mal. Puisque je parlais de Gauss, je décortique la suite du dernier communiqué de presse annonçant l’arrivée d’un zoom… Et j’en viens aux perles de culture :

  • Classique pour commencer : ce zoom “permet de s’approcher tout près des sujets lointains”. Ca montre une parfaite méconnaissance de la photographie (ou du moins, qui caractérise le niveau zéro de celle-ci).
  • Absurde ensuite : “sans vous préoccuper de l’humidité ou de la poussière, car elles n’atteindront jamais la lentille ni le capteur de l’objectif”. L’humidité n’atteint jamais la lentille. Ah bon ? Et le “capteur de l’objectif”, c’est quoi au fait ?
  • La soupe mal digérée pour poursuivre : “En position téléobjectif maximal, il atteint une plage de focales de 300 mm”. C’est quoi une plage pour une focale bien définie ? Sous la plage, les pavés !
  • Le summum pour la fin : “pour obtenir à coup sûr des images claires et nettes, même dans des conditions de forte luminosité”. C’est bien connu, plus il y a de lumière, plus les images sont sombres et floues !

Tout ça dans un seul communiqué de presse ! Allez, en fouillant dans les précédents communiqués, j’en ai trouvé quelques autres :

  • L’objectif “qui corrige le bougé de l’appareil avec une vitesse d’obturation environ quatre fois plus lente”. Là, c’est plus fin (faut faire des maths, pas de la com’) : 4 fois plus lent que 1/125 s, par exemple,… c’est 1/30 s, c’est à dire 2 vitesses de gagnées seulement. Si on gagne 4 vitesses d’obturation, la vitesse est 16 fois plus lente…
  • Toujours à propos du stabilisateur de l’objectif : “le mode Normal, destiné aux prises de vue à main levée, et le mode activé, qui vient corriger les vibrations des mécanismes provoquées par les avions et les véhicules en mouvement”. (Supposons qu’il s’agisse du mode Actif et pas “activé”). Le mode Normal sert à main levée… donc le mode Actif marche sur pied ? Et il corrige les vibrations des avions et des voitures ? Et pas des bateaux ? Et, miss, c’est quoi un filé au fait ?
  • Et puis j’aime bien la conclusion : “La construction optique robuste de l’objectif lui permet de couvrir toute la plage de focales”. Quel rapport ?

Le vent souffle, ça n’attise même pas la vacuité sidérale de leur misérable fonction.

On prend les mêmes…

10 novembre 2010 à 4:20 par Klöd | Dans : Non classé
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D800

Allez… on continue dans le précox. Pour l’instant, ce boîtier (le Nikon D800) n’existe officiellement que dans le cerveau d’un éditeur (Dunod) qui a fait ses preuves en temps que visionnaire. On en parle même sur le site nikonrumors, c’est dire si l’info est capitale : A French speaking reader contacted Dunod, the publishing company that listed the Nikon D800 book, and they insist that the book will be released in March of 2011 – here is their answer, for whatever it’s worth: “Bonjour, Il s’agit d’un livre qui va normalement paraître en mars 2011.[...]“.

Bon, c’est vrai que le boulot d’un éditeur, c’est de prendre des risques. Alors lisons-la, sa présentation sur le site amazon.fr : Commercialisé en août 2008 au prix de 2800 euros, le Nikon D700 (appareil haut de gamme) a connu un grand succès. Il sera remplacé en fin d’année 2009 par le Nikon D800. Parmi les améliorations de l’appareil : le doublement des capacités du capteur, qui passe de 12 à 24 mégapixels. Le D800 sera vraisemblablement vendu entre 2000 et 2500 euros. Cet ouvrage est un guide complet de découverte, de prise en main et de perfectionnement du Nikon D800.

Bon… déjà le D700 n’a pas été remplacé fin 2009. Là, c’est facile à savoir : c’est dans l’espace-temps négatif (le passé, quoi…). Bon, une faute de frappe. On a le droit d’avoir le clavier précoce aussi. Fin 2010, donc, l’appareil aura un nouveau capteur à 24 Mpix (pour la fourchette de prix, ils se sont pas mouillés). Pour reprendre Coluche : en gros, y’ sait rien. Reconnaissons que Dunod n’a quand même pas osé présenter une couverture avec un fake du boîtier. En attendant la lecture - que j’imagine instructive - de ce livre plein d’audace, je continue à faire des photos avec un appareil réel qui va donc être remplacé sous peu si j’en crois ces grossistes en papier imprimé.

Precox Ejaculator

24 octobre 2010 à 7:58 par Klöd | Dans : Non classé
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Nikon D95

C’est pas la première fois, mais c’est toujours drôle, à défaut d’être pitoyable ! Nombre d’éditeurs se sont littéralement “jetés” sur le créneau des livres expliquant le fonctionnement des reflex numériques. C’est une “niche”, mais y’a plus de petits profits en ces temps de crise. Soit : c’est le jeu de la concurrence dans notre merveilleuse société où la compétition commerciale doit mener à l’accomplissement de l’homme. Ainsi, après Bichromia (un peu de pub, ça participe à votre bonheur, non ?) et VM, voila que Pearson, Micro Application, First, Dunod… pondent leur bouquin à chaque nouvel appareil. Parfois même dans plusieurs versions : pour les pros, pour les buses, pour les débutants, pour les aveugles… J’ai des contacts avec certains auteurs qui travaillent avec ces “maisons d’édition”. Faut voir les contrats : des mentions illégales, des droits d’auteurs entre 5 et 8 % (sur le prix brut du livre)… Salut les damnés de la Terre !

Bref, comme on subodorait que le Nikon D90 allait être remplacé et comme les circuits de distribution obligent les éditeurs à annoncer leurs nouveautés entre 3 et 4 mois à l’avance et comme (aussi) il faut être le premier sur le créneau… un certain éditeur a rapidement annoncé le “Nikon D95″. Damnation, ça sera finalement le “D7000″. Il suffisait de suivre un peu l’actualité pour savoir que le nom n’allait pas être “D95″… mais on ne peut quand même pas demander à ces gens d’être des professionnels de leur domaine ! Dommage, la couverture était prête (avec des photos réalisées bien entendu avec un appareil pas encore sorti, ni même baptisé…). Pas grave, on annonce, quitte à modifier le titre un peu plus tard.

Dunod nous avait déjà fait le coup pour le remplaçant du Canon EOS 5D (le “7D”) et voici Pearson qui tombe dans ce fameux “D95″. Ben, moi, j’vais vous dire… je retourne à mon D76 parce que, tout ça, ça me lasse. Grave comme dirait ma fille.

Vieux articles pas très frais par là ☞