Sandra

Sandra arrivait de Madrid. Tout de suite, je l’ai emmenée au studio et je l’ai promptement entortillée avec un tube vaguement bleu fluo. L’idée lui plaisait bien, au début.
Et puis j’ai mis un moteur électrique pour le faire tournoyer, ce tube souple, au dessus de sa tête en la déligottant. Je lui expliquai alors, dans mon espagnol qui comporte une centaine de mots, que c’était une ôde à l’Aligoté et à tous les dieux tournoyants. Alle Gottes (en allemand, je n’ai que trois mots), je crois. Je sais plus qui m’avait raconté ce truc.
J’ai sentis comme un flottement dans son regard et j’ai pensé à Guernica. Je l’ai imaginée refranchir les Pyrénées dans son EasyJet. Je lui ai quand même dit de ne pas bouger pendant 10 secondes car je sais accueillir les étrangers.
D’ailleurs, elle est restée en France. En Bourgogne, je crois.