Immortelle#1

Julie through ages.

immortelle1-1-2Pour moi, tout a commencé par une nuit sombre, le long d’une route de campagne, alors que je cherchais un raccourci que jamais je n’ai trouvé. Enfin, c’est l’idée que je m’en fais aujourd’hui.

Quand la livreuse de cookie se pointa ce jour-là, j’avais l’image de ce vieux tintype, acheté chez un broc retors, disséminé dans quelques synapses poussives. Au détour d’un éclair d’origine suisse, j’eus comme un flash. C’est con comme jeu de mot… mais pourtant son visage s’est comme superposé dans mon cerveau collodionné par des nuits sans sommeil. Je savais que cet état peut conduire à la sensation de « déjà-vu » mais je lui fis quand même part de ma sidération. « Je t’ai vu dans une photo vieille de cent-cinquante ans. Qu’est-ce que tu foutais là-bas ! » (En fait, cette phrase ne tient pas une seconde face à une analyse spatio-temporelle même basique.) Elle chercha, comme à son habitude, à noyer le poisson avec des histoires d’escargots bouchés, de chevaux taxés et de dindes badinières. Elle m’affirma n’avoir jamais fumé mais j’eus quelques doutes.

Depuis, au détour d’un autochrome stéréo exposé dans l’Enfer de Chalon et d’une pub youpeedimesque retrouvé dans un magazine féminin de 1963, je sais qu’elle se nourrit de lumière (et aussi de ravioles industrielles, c’est sûrement un effet collatéral) pour se régénérer. Comme une sorte d’anti-Dorian Gray photographique. Mais, là, il faut que je creuse la question.